Les archives diplomatiques présentes à Nantes depuis 45 ans vont probablement être transférées. Lieu de leur future destination : le centre flambant neuf des archives à la Courneuve en région parisienne.

 

Une menace de transfert qui suscite de vives réactions au sein de l’université de Nantes. Tout particulièrement chez les chercheurs et universitaires en histoire. Et pour cause, ces archives constituent pour eux un formidable outil de travail qu’il est rare de trouver dans une ville de province. Une singularité qui permet une attractivité internationale à l’université de Nantes : chaque année, ce sont près de 300 chercheurs étrangers qui viennent travailler sur ces archives, qui regroupent les documents produits par les ambassades et consulats français des cinq continents, dont les plus anciens datent du XVIe siècle. Les universitaires ont lancé une pétition qui circule actuellement pour dénoncer ce projet de déménagement. Déjà plus de 1200 personnes y ont apposées leur signature en quelques jours.

 

Les enseignants-chercheurs ne sont pas les seuls à condamner ce projet de transfert. Chez les syndicats du ministère des Affaires étrangères la grogne se fait aussi sentir. Même si des réunions ont été organisées avec le personnel nantais, le syndicat CGT dénonce un manque de concertation de la part du ministère ainsi que le refus de prendre en compte les solutions alternatives proposées par les syndicats. À la CGT on s’inquiète aussi pour l’avenir des 27 personnes qui travaillent sur le site nantais, des mutations de personnel vers la Courneuve étant envisageable en cas de transfert.

 

Du côté du ministère des Affaires étrangères, on cherche à calmer le jeu et éviter toute polémique. On parle de projet au simple stade de l’analyse et d’une phase de négociation à mener en concertation avec les syndicats. Le but annoncé du projet : trouver la meilleure solution pour ramener de la cohérence dans le stockage et la consultation des archives. Avec un coût le plus faible possible.

Dans ce projet de transfert tout reste hypothétique pour le moment. Une seule chose semble actée : la fermeture de l’entrepôt d’Orvault abritant les archives administratives du ministère des Affaires étrangères prévue le 1er janvier 2013. D’ici là une décision devra être prise quant au lieu d’accueil des documents. Entre Nantes et la Courneuve, l’avenir des archives diplomatiques bascule…

Au micro SUN de Julien Chaillou, Michel Catala, professeur d’histoire contemporaine et directeur du centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA) à l’université de Nantes, qui déplore cette centralisation des archives diplomatiques vers Paris. Daniel Vazeille, secrétaire général du syndicat CGT au ministère des Affaires étrangères, reproche une volonté de vouloir favoriser le centre des archives de la Courneuve au détriment de celui de Nantes. Quant à Christine Fages, directrice adjointe de la communication et porte-parole adjointe du ministère des Affaires étrangères, elle ne parle que de projet en phase d’étude.

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